Le journaliste Philippe Lefebure raconte sa rencontre avec Denis Payre sur FRANCE INTER.

Des patrons qui pestent contres les politiques, c’est très courant. Quasi-quotidien même. Avant hier-soir, à Lyon, au meeting du Medef et de la CGPME, des patrons agitaient des « cartons jaunes » à l’adresse du gouvernement. Un patron qui se lance en politique, ça aussi, on l’a déjà vu: ils sont une cinquantaine, par exemple, élus à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Mais un patron qui lance un parti politique, ça, c’est assez nouveau, voire inédit. Ca va se passer, aujourd’hui, à Paris. Nouvelle manifestation de l’exaspération patronale du moment, même si, en l’occurence, l’initiative se veut bien plus large. « Nous, citoyens », c’est son nom (c’est une référence directe au « moi, président » de François Hollande) se veut un mouvement populaire, participatif. Une centaine d’adhérents pour démarrer, mais l’ambition, évidemment, est de grandir, de grossir pour peser, enfin!, sur le débat politique. A la tête de ce nouveau parti, un homme: Denis Payre. Il n’est pas connu du grand public. Il est pourtant un entrepreneur qui a réussi en créant 2 entreprises, qui ont fait de lui un homme riche. BusinessObjects, dans les années 90 (start-up, devenue leader mondial), puis, 10 ans, plus tard Kiala, plaforme logistique pour le e-commerce. Revendue à UPS. Mais on connaît surtout Denis Payre pour son exil fiscal, en 98. C’est le déplafonnement de l’ISF, décidé par Alain Juppé, qui l’avait « containt de partir », « qui l’avait mis à la porte », explique-t-il aujourd’hui. Son départ l’avait transformé, à l’époque en sorte de « porte-parole des riches Français de Bruxelles ». Aujourd’hui, il veut faire de départ et de son retour (même si c’est une « tâche » pour qui veut faire de la politique) une force: montrer comment les hommes politiques sont à côté de la plaque, et ne comprennent pas le monde qui les entoure. C’est au bar de très chic hôtel Lutécia, à Paris, qu’il s’explique. On l’a retrouvé près du comptoir. A quelques mètres, Dominique Besnéard, l’agent d’acteurs, parle très fort. Denis Payre déploit son argumentaire: trop d’impôts, trop de dépenses publiques pour un résultat peu convaincant. Par exemple dans la lutte contre la grande pauvreté. Il propose 200 milliards d’économies, rien que ça, mais c’est possible, dit-il, sans tuer notre modèle social. Denis Payre l’assure: la situation exaspère, aujourd’hui, trop de monde et pas seulement les patrons. Ses soutiens, affirme-t-il, viennent aussi des banlieues, de jeunes profs de l’Education nationale. Il cite aussi un haut-fonctionnaire « encarté jusqu’ici au PS ». Le discours paraît sincère, lucide. Bien calibré également. Très bien rodé pour un débutant. Pour quelqu’un qui entend s’opposer aux « professionnels de la politique », il en maîtrise déjà quelques codes.

Taxer les riches. Le FMI propose de taxer les plus riches! Le Fonds Monétaire International part d’un double constat. D’abord, les pays riches afficheront, l’année prochaine, un endettement record. Un « pic historique ». Le Japon est en tête avec une dette représentant 242% de son PIB. Suivi par la Grèce, l’Italie, le Portugal. Les Etats-Unis, avec un taux à 107%, arrivent devant la France, à 95%. Face à ça, le FMI note la « hausse spectaculaire » -et parallèle- de la richesse des 1% les plus personnes les fortunées, particulièrement dans le monde anglo-saxon. Conclusion du Fonds: « dans beaucoup de pays, il serait possible de prélever davantage ceux qui disposent des plus hauts revenus ».

Plus nombreux. Comme en écho, cette étude sur le patrimoine mondial des ménages. Que vient de publier Crédit Suisse. Elle montre qu’il y a, dans le monde désormais, 31 millions de millionnaires.