Une réunion avec les adhérents lyonnais de Nous Citoyens est organisée vendredi 15 novembre. A l’occasion de cette rencontre Denis Payre répond aux questions de Frank Viart pour Le Progrès.

Rencontre avec Denis Payre, président du mouvement Nous Citoyens.
« Nous voulons provoquer les réformes dont le pays a besoin »

Quelle est la vocation du mouvement « Nous Citoyens » que vous lancez vendredi à Lyon ?
Sa vocation est de rassembler des citoyens d’horizons très variés pour redonner la parole à la société civile. Nous voulons pousser un programme de réformes, ce que ne font pas les partis de gouvernement. Nous voulons provoquer les réformes dont le pays a besoin pour retrouver la prospérité.

Pourquoi n’avez-vous plus confiance dans les partis de gouvernement pour réformer ?
Nous n’avons plus confiance car on voit bien qu’à chaque élection on nous promet des choses ou on ne nous promet même plus rien. Les partis de gouvernement ne parlent même plus des programmes de réforme. En 2012, on nous a parlé de sujets périphériques, de viande halal, de coût du permis de conduire, alors que la dette de la France s’était déjà dégradée une première fois, alors que le système éducatif continuait de s’affaiblir et que le chômage était déjà à un niveau très élevé. Les partis de gouvernement ne nous inspirent plus confiance quant à leur capacité à mener à bien les réformes. Nous souhaitons ouvrir le débat.

En matière d’emploi, quelles sont pour vous les pistes de réflexion ?
Nous allons recommander un coup de frein sur les dépenses publiques et un grand coup d’accélérateur sur l’initiative, l’innovation et l’entreprenariat, tout ce qui peut permettre de créer des emplois.

Vous dites que la France est un « surdoué » qui s’ignore. Pourquoi ?
Nous avons en France des talents incroyables, des gens qui travaillent, capables de maîtriser la complexité, des gens créatifs. Nous avons aussi la chance d’avoir en héritage la marque France, ce qui est un capital extraordinaire. La mondialisation ne devrait pas nous faire peur, mais nous avons des dirigeants politiques qui ne connaissent pas le monde de l’entreprise et qui parfois ne connaissent pas le monde. Il faut arriver à organiser une respiration de la vie politique.

Combien de temps vous donnez-vous pour faire des propositions significatives ?
Nous avons identifié neuf thèmes sur lesquels nous allons nous exprimer, parmi lesquels l’emploi, la fiscalité, l’éducation, le logement, l’Europe, etc. Nous allons y travailler en 2014 et probablement au-delà pour prendre le temps de formuler des propositions, de les soumettre à la société civile. Nous allons permettre aux citoyens de réagir, d’enrichir nos propositions. Notre objectif est de construire un programme citoyen et de profiter de l’élection présidentielle de 2017 pour parler des vrais sujets. Nous soutiendrons les candidats qui reprendront nos idées et ceux qui acceptent un changement des équipes dirigeantes des partis de gouvernement. Nous pensons que ce ne sont pas ceux qui nous ont mis dans cette situation qui nous en sortirons. Il y a de fortes chances pour que nous soyons amenés à présenter un candidat en 2017 car les chances sont réduites de voir les partis de gouvernement ouvrir les portes de leur direction à des personnalités différentes.

Pourriez-vous être ce candidat ?
Nous verrons le moment venu qui est le mieux placé. Nous ne sommes pas dans une logique d’ambition personnelle mais je suis bien sûr prêt à y aller et y aller avec enthousiasme le moment venu si les circonstances l’exigent.

NB. Réunion publique le vendredi 15 novembre de 7 heures 45 à 9 heures 30 au Matmut Stadium, 8, rue d’Oradour-sur-Glane, Vénissieux. Inscriptions obligatoires auprès de virginie.paulet@nouscitoyens.fr

Propos recueillis Frank Viart

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