Denis Payre répond aux questions de Clément Lacombe pour Le Point.fr

Denis Payre, entrepreneur de 50 ans, propose à travers son mouvement Nous Citoyens une série de réformes pour renouveler la vie politique. Détonant.

En se lançant en politique, il savait qu’il allait « prendre des coups ». Et là, il risque bien de s’attirer pas mal d’inimitiés en dévoilant ses « premières propositions ». Pourtant Denis Payre, 50 ans, aurait pu rester dans son coin pour profiter de la vie. Car il est à l’origine d’une des plus belles réussites entrepreneuriales françaises des vingt dernières années : le groupe de logiciels Business Objects. Mais ce serial-entrepreneur – il a aussi créé le livreur de colis Kiala – a lancé cet automne son propre mouvement politique, Nous Citoyens. Et alors qu’on s’attendait surtout à l’entendre sur les problèmes économiques, le voilà qui réclame, comme « premières propositions », une série de réforme pour renouveler la vie politique. « En fait, c’est la base de tout. Si le pays a tant de problèmes économiques, reste bloqué, c’est surtout parce que la classe politique ne comprend pas le monde qui l’entoure, la mondialisation. Trop de personnes ont fait de la politique un métier, trop d’élus viennent des rangs des fonctionnaires : 43 % des députés sont issus de la sphère publique ! » D’où sa série de propositions-chocs.

1 – Démission automatique de la fonction publique pour les élus

Seront concernés tous les parlementaires et les présidents d’exécutifs locaux de plus de 30 000 habitants. « Attention, mon discours n’est pas anti-fonctionnaires. Un grand nombre d’entre eux sont même une chance pour la France. Mais il n’est pas normal qu’un fonctionnaire puisse retrouver automatiquement son poste après sa carrière politique quand une personne issue du privé n’a aucune assurance en ce sens. »

2 – Un congé préélectoral de trois mois pour les candidats

Se lancer dans une campagne prend du temps et peut s’avérer très difficile pour des personnes ayant un emploi. D’où la création de ce congé préélecoral, pour les législatives ou une fonction à la tête d’un gros exécutif local. Il serait financé par des fonds publics si le candidat recueille au moins 5 % des suffrages, afin d’éviter les effets d’aubaine.

3 – Une « assurance reconversion » pour les parlementaires

À la fin du mandat, un député ou sénateur non réélu pourra, s’il ne retrouve pas d’emploi dans les six mois, intégrer la fonction publique, « avec un contrat de droit commun comme chez France Télécom désormais ».

4 – Diminution du nombre de parlementaires

Denis Payre propose de ramener à 400 le nombre de députés, contre 577 aujourd’hui, et à 200 les sénateurs (contre 348). « Ça ramènerait la France dans les standards européens en matière du nombre de citoyens représentés par un seul parlementaire ». Estimation de l’économie réalisée : 63 millions d’euros par an. Ce qui permettra notamment de financer les 5,5 millions d’euros de dépenses nouvelles générées par le congé préélectoral et l’assurance-reconversion.

5 – Limitation du nombre de mandats

Denis Payre veut qu’un parlementaire ou le patron d’un gros exécutif local ne puisse pas enchaîner plus de deux mandats successifs. Et quatre au cours de sa vie. Tout en soutenant le gouvernement et sa loi contre le cumul des mandats. « L’engagement politique doit être de courte durée, une sorte de mission avant de passer à autre chose. »

6 – Un seul mandat pour le prochain président de la République.

En 2017, Denis Payre souhaite que le prochain chef de l’État ne fasse qu’un seul mandat, pour se consacrer uniquement au redressement du pays.

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