La journaliste du Figaro Marion Joseph présente quelques listes labellisées par Nous Citoyens pour les élections municipales

Denis Payre présentait jeudi à Paris les six premières têtes de liste labellisées par son mouvement Nous Citoyens pour les municipales de mars. Portrait de trois d’entre eux.

Denis Payre (au centre) et son bras droit, Thomas Houdaille (à gauche), entouré des premières têtes de liste labellisées Nous Citoyens, jeudi à Paris, lors de leur conférence de presse.

Des citoyens pour parler aux citoyens. À quelques mois des municipales de mars, Denis Payre, l’ancien chef d’entreprise qui a lancé il y a deux mois son parti Nous Citoyens, veut donner corps à son programme. L’ex-entrepreneur a décidé d’incarner ses idées, en replaçant la société civile au coeur des débats. Il présentait jeudi les six premières listes municipales labellisées Nous Citoyens. Des candidats, tous passés un jour par la politique ou ayant encore un pied dedans, mais issus de la société civile. Un critère «essentiel» pour Denis Payre et son bras-droit, Thomas Houdaille. Parmi eux: un avocat de formation, une productrice de cinéma, un champion du monde de boxe, un ancien énarque passé par la grande distribution, un conseiller général et un conseiller municipal.Le Figaro a interrogé trois d’entre eux sur leurs motivations.

Jean-Louis Keita, candidat à Aix-en-Provence, jeudi à Paris.Jean-Louis Keita, ancien bâtonnier d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), se présente en mars comme candidat du mouvement «Un nouvel élan pour Aix avec la société civile», sous le label Nous Citoyens. Dans la lignée de Denis Payre, l’avocat présente sa démarche comme «strictement citoyenne». «On ne prendra aucun diktat de la rue de Vaugirard (où se trouve le siège de l’UMP, ndlr), de Solférino (siège du PS) ou de Nanterre (FN), mais des citoyens. Nous voulons aider tous ceux qui sont dans la souffrance», affirme-t-il, s’empressant de plaisanter sur sa moustache derrière laquelle un large sourire se dessine. «J’espère être le premier maire moustachu d’Aix et peut-être même de France», clame-t-il, facétieux, avant de se plier au jeu des photographies. «Appelez-moi Monsieur Le Maire», lance-t-il, un éclat de rire dans la voix. Jean-Louis Keita a déjà trouvé le ton de sa campagne: humour et parler vrai.

Charte de bonne conduite

Kouider Oukbi, candidat à Grigny, jeudi à Paris. Kouider Oukbi, boxeur professionnel trentenaire, sait manier le franc-parler. Et pour cause: il est engagé dans la vie locale de Grigny (Essonne) depuis 2008. À l’époque, il créé avec plusieurs citoyens le Parti des Grignois (PDG) pour protester contre le maire communiste de la ville, Claude Vazquez, et le clientélisme ambiant. L’opération est un succès. Leur liste remporte près de 27% des voix aux municipales. «Une fessée déculottée pour le maire», sourit le jeune homme, qui siège depuis au conseil municipal en tant qu’élu d’opposition et sera tête de liste en mars. «Ce qu’on a fait à l’époque, on va le faire tous ensemble cette fois. Mais nous ne sommes pas simplement une démarche locale, car à travers Denis Payre, nous allons créer une nouvelle race de politiciens», assure Kouider Oukbi, pour qui «l’alternance gauche-droite, c’est ‘kif-kif bourricot’».

François Desmazière, candidat à Arras, jeudi à Paris.

Pour François Desmazière aussi, «il faut redonner du sens à la politique». «Le système de démocratie représentative est à bout de souffle», déplore le conseiller municipal à Arras (Pas-de-Calais), passé brièvement par l’UMP. Il a donc lancé en mai la plateforme «Les Citoyens s’engagent» pour proposer aux Arrageois de participer à l’élaboration d’un projet pour la ville. En sept mois, le future chef de file pour les municipales a déjà récolté avec son équipe plus de 800 contributions. Un moyen pour lui de «redonner de l’appétit à participer à la vie de la cité».

Avant de bénéficier du label Nous Citoyens pour le scrutin de mars, les six têtes de liste ont dû signer une charte de bonne conduite. Non investiture de la liste par un autre parti politique, non cumul des mandats et limitation à deux mandats de suite, engagement à présenter une liste représentant la société civile dans sa diversité, suppression des véhicules de fonction, transparence dans la gouvernance, etc. Autant de grands principes que tous les candidats labellisés Nous Citoyens devront respecter. Denis Payre vise une cinquantaine de listes.

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