Selon un sondage, plus de 6 entreprises sur 10 se disent en sous-effectif. Et si, parfois, elles ne recrutent pas, c’est pour plusieurs raisons… Explications de Denis Payre.

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L’étude Météojob (site de recrutement) et Companeo (site qui aide les petites entreprises à trouver des fournisseurs) sur l’emploi dans les TPE et PME et dévoilée jeudi 6 février, montre que plus d’un tiers des sociétés de moins de 250 salariés ont déclaré être en sous-effectif en 2013. Quand le pays compte (toutes catégories confondues), 5,3 millions de chômeurs, c’est un peu le monde à l’envers, pour l’entrepreneur et président du mouvement Nous Citoyens.

Selon l’étude, « dans près de 60 % des cas, les entreprises en situation ponctuelle ou chronique de sous-effectif déclarent que le principal frein est le coût du travail, suivi par l’absence de visibilité, et le caractère saisonnier de leur activité ».

Un tiers des TPE et PME a renoncé à recruter

Plus surprenant, même les TPE et PME qui avaient la volonté d’embaucher se sont arrêtées en chemin. Ainsi, 37,4 % des entreprises sondées ont abandonné un projet de recrutement qu’elles avaient entamé -soit 1,2 million d’entreprises au niveau national. Parmi les raisons invoquées, figurent principalement le contexte économique incertain et le manque de visibilité.Mais à 16,7 %, le report du recrutement est dû à la difficulté de l’entreprise à trouver le profil recherché. Pourtant il ne s’agit pas de compétences extraordinaires puisqu’il s’agit majoritairement des postes dans la production, le commerce/entes et l’administration. Philippe Deljurie, coprésident de Meteojob, précise également que dans un tiers des cas, ce n’est pas une compétence mais une qualité qui a manqué.

Denis Payre, co-fondateur de Business Objects et de Kiala, voit aussi une autre explication à ces situations de sous-effectifs. « Signer un CDI en France est un engagement très fort, explique celui qui est aussi cofondateur de l’association Croissance Plus. Or quand une entreprise doit se séparer d’un de ses salariés (parce qu’il a perdu un client par exemple), c’est très difficile et très risqué pour elle. On manque d’une grille factuelle établissant les indemnités de départ en fonction de l’ancienneté. Les choses seraient ainsi très claires et ce système -en place dans de nombreux pays- permettrait de désengorger les conseils de Prud’Hommes, souvent saisis pour justement négocier ces fameuses indemnités ».


Comment Denis Payre veut créer le plein emploi… par Challenges

Pour Denis Payre, cela associé aux nombreux talents des Français (travailleurs, d’une créativité exceptionnelle et qui peuvent exploiter la marque France), permettrait de faire un grand pas vers le plein emploi dans l’Hexagone. Notamment en aidant ces petites entreprises dont les besoins en personnel évoluent plus que dans les gros groupes. « Car rappelons que 80 % des emplois créés en France le sont dans les TPE et PME. Les grosses structures se contenant souvent de remplacer des départs à des postes existants », souligne Denis Payre.

D’autant que malgré la crise, 1 PME sur 3 a recruté en 2013.