Les TPE et PME s’estiment trop souvent en sous-effectifs. Pourtant, elles étaient 37% à avoir abandonné un projet de recrutement l’année dernière, faute d’avoir trouvé les bons profils, selon une étude

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Un manque d’adéquation entre l’offre et la demande. C’est l’un des enseignements d’une étude sur le recrutement des TPE et des PME, réalisée par le site de recrutement Meteojob et la place de marché internet pour les achats de TPE et PME, Companeo. Alors que la France compte 5,3 millions de chômeurs toutes catégories confondues, plus d’une TPE ou PME sur trois a abandonné un projet de recrutement l’année dernière. Alors que dans le même temps, un tiers d’entre elles s’estiment en sous-effectifs.

«Nous pourrions retrouver le plein emploi si nous comprenions bien pourquoi les dirigeants ne signent pas de CDI», analyse Denis Payre, lors de la présentation de l’enquête. Pour l’homme d’affaires, créateur de Business Objects, aujourd’hui reconverti en homme politique au sein du mouvement «Nous Citoyens», les lourdeurs du marché de l’emploi freinent trop souvent les dirigeants de TPE dans leur projet de recrutement. «Il y a en France un problème dans la capacité à comprendre l’offre et la demande», ajoute-t-il. Résultat, «beaucoup de serruriers, par exemple, ferment leur métallerie parce qu’ils ne trouvent pas de successeur». Pourtant «les TPE et PME sont le lieu où se créent des emplois», insiste-t-il.

Un gisement d’emploi

Parmi les entreprises ayant suspendu leur projet de recrutement, une sur six a fait marche arrière à l’embauche car elle n’a pas trouvé le bon profil. Mais selon Philippe Deljurie, cofondateur de Meteojob, savoir définir son besoin et identifier les bons profils ne s’improvise pas. «Le chef d’entreprise recrute lorsqu’il a besoin, il n’anticipe pas. Dans ces moments-là, il est généralement stressé parce qu’il est dans l’urgence. De ce fait, il exige beaucoup du candidat, il attend même qu’il lui ressemble», estime-t-il. «De l’autre côté le candidat est formé pour répondre aux questions classiques que posent les ressources humaines. Cela pose forcément problème dans un entretien, face à un dirigeant, qui veut savoir comment le candidat va pouvoir l’aider, tout de suite et maintenant.»

« Smart Tribune » , fait partie de ces TPE à la recherche du «bon profil». Fraîchement diplômé de l’école d’informatique Hetic, Jérémy Gallemard a monté cette start-up spécialisée dans le web avec deux amis de son école. L’entreprise compte aujourd’hui trois associés et deux employés mais elle projette de s’agrandir. «Nous avons une croissance qui commence à émerger, nous voulons donc embaucher deux seniors qui aient de l’expérience dans le secteur, ça nous crédibiliserait», explique-t-il, enthousiaste. «Nous attendons que la personne soit fiable et motivée. Elle doit être prête à s’investir, ça va au-delà du travail, c’est aussi une question d’intérêt personnel». Bien que le chômage des seniors ait augmenté de 12,3% en 2013, Jérémy et ses associés ont dû faire face à des complications dans leur projet de recrutement: «Les profils que nous souhaitons embaucher sont assez recherchés. Cela fait plus de quatre mois que nous recherchons et nous commençons seulement à discerner deux profils adéquats.»