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Voilà sept mois que Denis Payre a quitté sa vie de businessman pour le ring de la politique. Nicolas Sarkozy,François Fillon, François Hollande sont ses anti-modèles : « Ce sont des professionnels de la politique obsédés par leur réélection. Moi, je veux servir l’intérêt général », lance le président de Nous Citoyens, un parti de dix mille adhérents créé cet automne, également candidat en Ile-de-France pour les élections européennes. Fondateur d’entreprises à succès (Business Objects et Kiala) et d’associations (Croissance +), ce brillant entrepreneur de 51 ans n’exclut pas d’être candidat à la présidentielle. Il se confie au Point.fr. 

Le Point.fr : Votre mouvement Nous Citoyens est-il un nouveau parti de droite comme l’annoncent certains ?

Denis Payre : Non, Nous Citoyens est dans une démarche non partisane qui rassemble les gens de toutes les sensibilités. Nous avons la conviction que ce sont les sujets économiques qui sont aujourd’hui la priorité absolue de notre pays, avec par exemple la question de l’emploi et de la bonne gestion des affaires publiques. Sur ces sujets, il n’y a pas d’idée de droite ou de gauche, mais seulement de bonnes ou de mauvaises idées. Nous rassemblons des gens de toutes les sensibilités et nous faisons même revenir des électeurs tentés par le vote FN ! Nous Citoyens est l’alternative crédible et positive au FN pour tous les déçus de la politique. Nous voulons créer une véritable troisième voie par rapport au FN, en ligne avec les valeurs de la France : des valeurs républicaines, européennes et humanistes.

Comment expliquez-vous le désamour des Français envers l’Europe ?

Nos dirigeants politiques en ont fait leur bouc émissaire favori ! Comme ils sont dans une logique de réélection à tout prix, ils préfèrent se décharger sur le bouc émissaire européen plutôt que de défendre leurs convictions européennes. Les hommes politiques pensent que Bruxelles est avant tout une tirelire avec des mandats supplémentaires, bien rémunérés. L’hyper-professionnalisation de la vie politique française a des effets pervers : les hommes politiques pensent avant tout à leur réélection plutôt qu’à l’intérêt général. Ils se servent de Bruxelles comme d’un alibi à leur propre inaction, et leur inaction est doublée de promesses de réformes qu’ils ne tiennent pas. Nos hommes politiques sont coupables de la montée du populisme et du rejet de l’Europe qui prédomine en France. Nous, les Français, avons été historiquement les co-constructeurs de l’Europe et les leaders de la construction européenne. On ne l’est plus depuis une vingtaine d’années, et donc, à cause de cela, l’Europe n’avance plus. L’absence de leadership français a des conséquences pour tous les pays d’Europe.

Êtes-vous favorable au fédéralisme européen ?

Le débat qui oppose fédéralisme et souverainisme n’a plus beaucoup de sens. Arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt : l’Europe fédérale existe déjà ! On a un Parlement, une Banque centrale, une Commission avec des compétences réelles, qui sont autant d’éléments de fédéralisme. Aujourd’hui, il n’est pas question d’aller plus loin, mais plutôt de faire fonctionner ces institutions, car la gouvernance de l’UE est bloquée : on a un exécutif à deux têtes, un Parlement qui n’a pas de pouvoir législatif, un mode de fonctionnement intergouvernemental à 28 qui ne peut pas marcher et des frontières qui sont des passoires !

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