De la mise en examen d’un ancien président à la fronde de la majorité parlementaire, la vie politique française donne, sur fond de dérive économique et budgétaire, l’impression d’un délabrement relativement inédit. L’occasion de faire (sérieusement) le point avec dix personnalités éclairées issues du monde politique, académique ou économique.

>> Lire l’intégralité de l’article sur atlantico.fr

Nous nous trouvons dans une situation très grave de crise de la politique, et plus précisément, de crise de fonctionnement des partis. C’est un mélange d’effondrement et de discrédit lié à l’absence de résultats et à des scandales politico-financiers. Si une force de proposition raisonnable comme celle de Nous Citoyens ne s’impose pas rapidement, la tentation de l’abstention et la montée du populisme seront toujours plus forts. Nous nous trouvons face à la nécessité absolue de réinventer la politique. Nous avons besoin de personnes de bonne volonté, partageant les valeurs historiques de la République, qui se mobilisent dans l’idée de reconstruire une offre crédible, car les partis traditionnels sont frappés de discrédit. La crise qui se profile se trouve à tous les niveaux : crise de régime, perte de confiance… La question maintenant est de savoir qui perdra patience en premier : les citoyens ou les créanciers du pays. Dans un pays qui n’arrive pas à se réformer, comme en témoignent le chômage, la précarité ou les impôts, les Français vont perdre patience, à l’image des Bonnets rouges. Et d’un autre côté, si les réformes initiées par le gouvernement n’ont pas de succès, les créanciers n’attendront plus. Si ces réformes ne réussissent pas à baisser les dépenses significativement, alors le gouvernement augmentera à nouveau les impôts pour tenter de satisfaire les créanciers, mais dans ce cas la population se mobilisera, avec des risques de jacqueries. Il est donc indispensable que les partis traditionnels se ressaisissent ou que nous prenions leur place.

On aura touché le fond le jour où l’un des deux cas de figure que je viens de présenter se réaliseront. Il n’est pas exclu qu’une insurrection ait lieu, et le mouvement des Bonnets rouges n’en était qu’un signe avant-coureur, tout comme il n’est pas exclu que les créanciers de la France perdent patience et obligent le pays à mettre son modèle à plat et à licencier 500 à 600 000 fonctionnaires dans l’urgence. Et le résultat insurrectionnel sera le même. Un succès du FN en 2017 n’est pas non plus à exclure voire avant si une dissolution devait intervenir avant. On pourra dire là aussi qu’on a touché le fond, mais il n’est pas certain que le rebond puisse se produire à ce moment…

Pour éviter que le pire se produise, il faut que les citoyens, à l’instar de ce que propose Nous Citoyens, reprennent leur destin en main. Les politiques doivent sortir du déni, parler des vrais sujets, et arrêter de ne faire que courir après les mandats. Ils doivent cesser d’accuser les autres, de rechercher des boucs émissaires en tout genre, alors que le problème est chez nous. Le problème est en nous, donc la solution aussi. Nous Citoyens, en rentrant dans le jeu politique, s’efforce de provoquer cela. Et si rien ne change, nous prendrons leur place, nous y sommes déterminés. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si quelqu’un comme François Fillon commence à changer de discours. Même s’il a passé 5 ans à diriger un gouvernement dont la ligne directrice ne lui convenait pas et n’a donc pas fait preuve d’un leadership exemplaire, il est tout de même satisfaisant de le voir sortir du déni. Même François Hollande et Manuel Valls ont changé de discours et un peu de politique, et ont pris en ligne de compte ce que nous disions déjà avant : nous dépensons trop, nous pouvons faire plus avec moins, il faut arrêter d’assommer les entreprises avec des impôts et des réglementations, ce sont elles qui créent des emplois, etc.

>> Lire l’intégralité de l’article sur atlantico.fr