9 mois après un lancement réussi, une première phase de développement qui nous positionne comme le nouveau mouvement politique montant en France, et de nombreuses discussions récentes avec des adhérents engagés dans toute la France, voici quelques éléments d’analyse et de réflexions sur le futur.

Nous pouvons être fiers du travail accompli et de l’espoir que nous avons collectivement créé. En seulement quelques mois, nous avons créé le 9ème pari politique français avec plus de 10.000 adhérents (plus que les Verts qui existent depuis des décennies !) et un score significatif aux européennes. Si les 1,4% au niveau national peuvent paraître faibles, l’analyse approfondie des spécificités de ce scrutin (2 semaines de campagne officielle, très peu d’intérêt des média et des citoyens, un FN en tête favorisant le soi-disant vote utile, plus de 30 listes dans certaines circonscriptions …), ainsi que des résultats (des scores supérieurs à 5% dans les villes où nous avions des militants), permettent d’affirmer que de dire nous avons réalisé un score prometteur. Et au-delà du score, rappelons-nous que le premier objectif de cette campagne était d’avoir des listes crédibles partout en France, de développer de notre notoriété, et de mobiliser nos membres.

Bien sûr, nous aurions préféré faire plus de 3% dans certaines régions, notamment parce cela nous aurait permis d’être remboursés des dépenses de campagne et que le financement de notre mouvement est un enjeu majeur. Oui notre programme n’était pas parfait, et nous aurions pu mieux communiquer, en externe et en interne, mieux nous organiser. Nous avons beaucoup appris de cette première expérience de combat politique et notamment qu’on ne peut réussir sans un réseau d’action local couvrant l’ensemble du territoire. Pour reprendre une analogie du monde des affaires, c’est comme si nous avions un produit sans réseau de distribution !

Quoi qu’il en soit, il est temps de passer à la phase 2 de développement de Nous Citoyens : cette phase qui doit nous permettre de peser réellement sur le destin de notre pays. Les perspectives économiques, sociales et morales en France sont extrêmement inquiétantes, tandis que les vieux partis prouvent chaque semaine qu’ils sont incapables d’engager des réformes qui s’imposent, et de  redonner confiance à nos concitoyens.

Notre objectif à moyen terme reste 2017 car la séquence élection présidentielle-législatives est le moment politique clé de notre pays. Deux options sont possibles : présenter notre candidat, ou faire une alliance avec un parti qui reprendrait nos idées mais intégrerait également un certain nombre de nos responsables dans ses rangs afin de garantir un changement réel. C’est une position que nous aurons également pour les élections législatives qui suivront, avec la perspective d’être représentés partout en France. Quelle que soit l’option retenue, il est indispensable d’être fort pour peser, et donc faire grossir nos rangs en matière d’adhérents (50 000 !) et d’élus (élus qui pourraient nous rejoindre mais aussi nos propres élus aux élections intermédiaires).

Nous identifions 3 leviers principaux pour réussir ce pari. Le premier, c’est d’avoir un programme de réformes du pays, radical et partagé par le plus grand nombre. Le second, c’est de s’appuyer sur une organisation décentralisée, efficace et autonome, capable de démultiplier nos actions, mais aussi d’en imaginer. Le troisième, c’est de réussir les élections intermédiaires, notamment les régionales et de développer notre capacité à fédérer d’autres mouvements.

Plusieurs adhérents nous ont interpellés sur la nécessité de sortir rapidement de nouvelles propositions politiques fortes et d’être en phase avec l’actualité. D’autres souhaitent au contraire que l’on développe davantage la dimension collaborative de construction du programme, ce qui prend du temps. Rappelons que la méthode de construction choisie nous semble capitale pour développer une véritable expertise que nous n’avons pas sur certains sujets, mais également pour faire la pédagogie nécessaire à tout projet de transformation. Nous intervenons régulièrement dans le débat public sur les sujets d’actualité comme récemment sur l’affaire Alstom, la réforme territoriale ou le sommet social, ce qui n’est pas forcément visible du plus grand nombre compte-tenu du plafond de verre médiatique. Nous souhaitons accélérer rapidement la dimension programmatique : formaliser dans un document de communication les premières propositions de Nous Citoyens, accélérer la sortie de propositions chocs sur la dépense publique et l’emploi, lancer de nouveaux groupes de travail sur des sujets comme la sécurité, l’agriculture ou la famille, mais aussi réagir davantage à l’actualité… et le faire savoir en interne.

Le dialogue avec les citoyens est inscrit dans l’ADN de notre mouvement et nous ferons le maximum pour le développer plus encore, en préservant notre efficacité. C’est pourquoi nous travaillons à l’évolution de l’organisation et de la gouvernance de Nous Citoyens afin de mieux prendre en compte les attentes du terrain. Depuis quelques jours, nous avons des équipes régionales dans toute la France qui vont être autonomes pour déployer les actions du mouvement (promotion, animation et recrutement d’adhérents, contribution à la construction du programme politique, lancement d’initiatives locales…) et faire en sorte que d’ici la fin de l’année, Nous Citoyens soit présent dans chaque département. Ces équipes sont pilotées par des adhérents qui ont montré leur engagement pour le mouvement et leurs compétences. Elles ont vocation à évoluer dans les prochains mois pour permettre à ceux qui le souhaitent de prendre des responsabilités. Ces équipes régionales sont représentées nationalement au sein d’un Comité des Régions, qui va contribuer aux orientations du mouvement, en plus du comité stratégique qui assiste depuis peu la direction dans sa tâche.

La participation aux élections, en particulier les régionales qui pourraient être en décembre 2015, est également une de nos priorités pour deux raisons : développer notre réseau d’élus et accélérer le développement de notre mouvement, les campagnes étant un moment propice à la mobilisation collective. Contrairement aux européennes, nous devrions avoir le temps de préparer soigneusement cette échéance dans une démarche qui s’appuiera fortement sur les équipes régionales. Gardons nous néanmoins de faire comme les vieux partis pour qui les élections sont la seule perspective et prenons le temps d’asseoir nos fondamentaux avant de nous lancer dans une nouvelle campagne ! D’autant plus que les régionales demandent un investissement financier conséquent. Nous devons donc nous assurer d’en avoir les moyens avant de lancer une démarche collaborative pour construire une stratégie, un programme et une méthode de constitution des listes qui soient en ligne avec nos valeurs.

En parallèle, nous lancerons d’ici quelques mois notre dynamique pour 2017. Elle comprendra notamment un projet visant à fédérer des élus locaux sans étiquette qui pourraient rejoindre le mouvement. Nous nous inscrirons également dans une logique d’alliance, visant à fédérer d’autres mouvements (associations, think-tanks, organisations professionnelles…) et personnalités de la société civile (voire politique si elles prennent les engagements Nous Citoyens), pour faire de Nous Citoyens le vaisseau amiral d’une armada citoyenne.

Nous Citoyens phase 2 commence aujourd’hui et nous comptons sur vous pour y contribuer. Si les grandes lignes de la stratégie sont claires, de nombreux points restent à trancher et vos apports sont les bienvenus : nous sommes toujours ouverts à la discussion, dès lors qu’elle est constructive et qu’elle prend en compte les contraintes de notre organisation. Sachez que la principale d’entre elles est financière : les élections européennes nous ont coûté cher (500 000 euros financés à 60% par le mouvement et à 40% par les listes), et il est urgent de relancer la dynamique d’adhésion de dons pour que l’on ait les moyens de nos ambitions.

Thomas Houdaille, Délégué Général