Avec près de trois millions de chômeurs sans aucune activité, soit plus d’un actif sur dix, plus du double que l’Allemagne et 40% de plus que la Suède, le chômage de masse est un cancer qui ronge la France.

La solution ne peut venir de plus d’emplois publics car, au contraire, c’est l’accroissement de la dépense publique qui entrave l’économie de notre pays et conduit au chômage élevé.

Rien à attendre non plus de nouvelles réglementations car, à vouloir protéger tout le monde, on enfonce les moins qualifiés dans l’exclusion.

Or ce chômage de masse n’est pas une fatalité si on agit simultanément de manière décisive pour :

  • Réinsérer par le travail les exclus et leur permettre d’acquérir des compétences nouvelles,
  • Créer des emplois à forte valeur ajoutée en tirant parti des atouts considérables de la France dans la mondialisation. La France est une « surdouée qui s’ignore » : créativité exceptionnelle, capacité à maîtriser la complexité, forte capacité de travail, marque France qui fait rêver le monde entier.

À ces conditions, ce sont plus de deux millions d’emplois qui seront créés en cinq ans. L’objectif est ambitieux mais ne fera que nous rapprocher de la plupart des pays de l’Europe du Nord.

N.B. Ce chiffrage résulte de travaux approfondis avec des experts multiples, comme l’économiste Pierre Cahuc, de McKinsey, et d’une évaluation prudente des effets de chaque mesure.

Nous pensons d’abord qu’il est possible de créer un million d’emplois par une baisse massive des charges focalisée sur les emplois destinés aux plus fragiles, ce en supprimant toutes les charges sociales salariales, y compris les charges « employé » au niveau du SMIC, et progressivement jusqu’à 1,4 SMIC, et aussi pour les jeunes la première année. Notre Smic actuel se situe à 64% du salaire médian contre 45% dans la moyenne des pays Européens ayant un Smic. Financée par un transfert des charges vers l’impôt, la TVA par exemple, elle relancera l’embauche des moins qualifiés et des jeunes sans abaisser leur pouvoir d’achat en libérant la création d’emplois sans forte qualification qu’il est impossible de créer actuellement : pompistes, serveurs de restaurant, aide dans les supermarchés… Cette hausse de la TVA ne sera que temporaire, le temps que la baisse de la dépense publique soit effective (nous proposons par ailleurs 200 milliards d’économie en 5 à 7 ans). Cette mesure sera réellement efficace si dans le même temps on recréer une incitation à travailler avec un différentiel significatif entre les revenus de l’assistance et les revenus du travail par le plafonnement des aides.

Ensuite, il est possible de créer un autre million d’emploi en actionnant 5 leviers afin de libérer l’économie et de donner la chance aux entreprises françaises de rivaliser avec leurs concurrentes :

1. Briser les dogmes qui bloquent l’apprentissage comme le fait que l’entreprise est un lieu d’exploitation et que la voie de l’apprentissage est nécessairement un échec. Mettre par exemple les apprentis sous la responsabilité des chefs d’entreprise, ou ne plus interdire l’interruption du contrat d’apprentissage. Créer des Grandes Ecoles des métiers manuels. Réformer aussi la formation initiale qui laisse sortir 150.000 jeunes sans diplôme par an dont 47% seront des chômeurs de longue durée. L’emploi des jeunes sera alors une vraie priorité nationale. Une centaine de milliers d’emplois sont attendus sur le seul apprentissage.

2. En finir avec la peur d’embaucher en conjuguant nouveaux droits et devoirs sur le marché du travail. Remplacer le code du travail de 3500 pages, par un code simple, court et compréhensible, reposant sur un contrat de travail unifié où tout serait discuté sans présomption légale et dans le respect du cadre européen. Laisser employés et chefs d’entreprise décider du temps de travail, et créer une indemnisation transparente fondée sur l’ancienneté en augmentant de 50% les indemnités mais en supprimant le motif de licenciement, source de conflits longs et pénalisants pour toutes les parties.

3. Remettre à plat le paritarisme avec un Etat qui reprend en main la stratégie et le pilotage global avec les partenaires sociaux des organismes de Sécurité Sociale, d’assurance chômage, de la politique de l’emploi, et de la formation professionnelle. Les régions pilotant au niveau local des tiers (association ou entreprises) qui assurent la gestion opérationnelle. Supprimer les commissions administratives paritaires. Privilégier le recours à des tiers privés, pour l’exécution afin que Pôle Emploi et les Opca apportent un vrai service à un coût raisonnable. Rendre obligatoire le suivi d’une formation qualifiante dans les métiers en tension pour les chômeurs après six mois de recherche infructueuse.

4. Refondre le dialogue social en donnant aux associations représentant les exclus, un statut de partenaire social afin que les préoccupations des personnes les plus éloignées de l’emploi soient enfin aussi prises en compte. Créer un chèque syndical, financé par l’entreprise, que chaque salarié ou chômeur pourra remettre à l’organisation de son choix afin que les syndicats soient enfin représentatifs et que le dialogue social existe réellement en France. Renforcer le rôle des délégués syndicaux en leur ouvrant l’accès au conseil d’administration avec droit de vote (1/6° des sièges), et en contrepartie alléger considérablement les contraintes administratives liées à la gestion paritaire en entreprise et revoir les seuils sociaux et le nombre de salariés protégés.

5. Relancer l’entrepreneuriat et l’innovation, au travers d’une refonte de la fiscalité pour encourager la prise de risque et ne plus sanctionner la réussite. Aller vers un meilleur partage de la création de valeur avec les salariés et un allègement des contraintes inutiles. Un projet de réforme fiscale en profondeur est en cours d’élaboration. Elle permettra de simplifier drastiquement la fiscalité des particuliers en aboutissant à une exonération de fait de tout ce qui reste dans l’outil de production, en tenant compte des liquidités réelles et en supprimant l’ISF. Pour les entreprises, elle sera construite afin de rendre la France compétitive au plan international

Ainsi, en alliant plan d’urgence pour les plus fragiles et desserrement de l’étau qui bride le potentiel français, nous mettrons fin au chômage de masse et récréerons ainsi les conditions de la confiance et du consensus social.

Il est urgent de s’y atteler ! Nous Citoyens y est prêt.