Loi Macron : des progrès incontestables
mais trop de mesurettes et des risques majeurs

La loi Macron prévoit des progrès incontestables mais elle comprend également deux inconvénients majeurs : elle passe non seulement à côté des vrais sujets à fort effet de levier sur l’emploi, mais elle comporte aussi des risques élevés de déstabilisation de certaines professions qui pourtant fonctionnent bien. Et ce uniquement pour gagner du temps et donner des gages aux technocrates ultralibéraux de la Commission Européenne et du FMI.

Les dispositions relatives au travail le Dimanche sont une bonne chose. Elles sont équilibrées  car elles préservent la liberté de choix et prévoient une rémunération adaptée. Elles évitent aussi de passer à côté d’une activité économique importante générée le septième jour dans certains quartiers très touristiques qui, chez nos voisins, représente une véritable source de création de richesses et d’emplois.

La dépénalisation du délit d’entrave est un progrès important pour rendre la France à nouveau attractive et compétitive mais cela reste un petit pas par rapport à l’ensemble des enjeux liés à la complexité de la gestion paritaire en entreprise. Le formalisme et la lourdeur liés à la gestion des Comités d’Entreprise et des Comités d’Hygiène et de Sécurité en particulier sont des freins qu’aucun pays ne nous envie. Nous Citoyens a fait des propositions pour alléger considérablement ces contraintes, permettre ainsi aux chefs d’entreprise de passer beaucoup plus de temps à développer leur entreprise et améliorer qualitativement le dialogue social en entreprise.

Le texte de loi prévoit de très petites améliorations sur l’épargne salariale, mais très éloignées des enjeux de la restauration de l’esprit de la participation voulue par le Général de Gaulle indispensable pour mobiliser fortement les salariés et reconnaître leur contribution à la création de richesse. De toute évidence, les rédacteurs du texte de loi, pour la plupart issus du secteur public à l’image du gouvernement et de l’ensemble de la classe politique française, n’ont aucune conviction sur ces sujets et ne connaissent pas les méthodes modernes de management susceptibles de pousser les salariés à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Rien de prévu dans la loi pour éviter la peur d’embaucher. Le CDI, qui reste une source d’insécurité juridique et de coûts élevés en cas de débouclage, pousse les chefs d’entreprises à recourir en priorité à des stages, des CDD et des missions d’intérim, pénalisant ainsi les plus éloignés de l’emploi, les jeunes et les séniors. Nous Citoyens a proposé le mécanisme « nouveaux droits, nouveaux devoirs » pour résorber ce problème.

Rien non plus sur le financement de l’innovation par les citoyens contrairement à ce que pratique activement la Grande-Bretagne par exemple. La France continue de démotiver les citoyens à soutenir l’innovation et continue de pousser les plus talentueux d’entre eux à quitter le pays. La déconnection des réalités économiques des rédacteurs du texte est plus qu’évidente.

On regrettera aussi de ne rien trouver concernant les 35 heures malgré les tentatives louables d’Emmanuel Macron de venir à bout de ce tabou qui pénalise fortement la compétitivité et l’image du pays.

Enfin, le texte comporte toute une série de dispositions concernant les professions réglementées qui sont destinées à donner des gages à certains penseurs ultra libéraux de la Commission de Bruxelles et du FMI convaincus – à tort – que les quelques professions encore réglementées en France pourraient, si elles ne l’étaient plus, générer des créations d’emplois en grand nombre. Il s’agit d’un faux sujet.

Le vrai combat est celui de la dépense publique  pour alléger le fardeau considérable qui pèse sur l‘économie française avec 7 points de PIB de plus de prélèvements que la moyenne Européenne, soit 140 Milliards d’euros. De quoi financer l’équivalent de plus de 4 ministères de la Défense de plus que nos voisins. Nous devons moderniser le fonctionnement des administrations, les déconcentrer et ramener le sens des responsabilités à travers en particulier la chasse à l’absentéisme. Nous avons 25 jours d’absentéisme dans les collectivités en moyenne par employé, trois fois le niveau du privé.  Nos notaires coutent très peu à la collectivité car 85 % des sommes qu’ils collectent sont des impôts. En revanche, nous avons un système qui marche avec une vraie sécurité juridique contrairement aux USA où cette profession est déréglementée et où un tiers des actes se termine en contentieux. Pour gagner du temps et plaire à certains technocrates internationaux au lieu de s’attaquer aux vrais sujets et par peur de le faire, nous risquons de casser quelques petites mécaniques qui fonctionnent encore bien dans notre pays.


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