Convaincre les abstentionnistes, et proposer une troisième voie qui ne soit pas celle de Marine Le Pen : telle est l’ambition de Nous Citoyens. Aperçus du programme de ces candidats aux régionales issus de la société civile.

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« On ne serait pas là ce soir si le pays allait bien », a affirmé, jeudi 26 novembre à Grand-Laviers, Sébastien Véron. « On propose des choses. Il y a un ras-le-bol de cette classe politique qui a échoué ». Sébastien Véron, chef d’entreprise, est tête de liste pour l’Oise de Nous Citoyens pour les élections régionales. En compagnie de Sylvain Blondel, tête de liste régionale, et de Thomas Porquet, tête de liste pour la Somme et habitant d’Hautvillers-Ouville, il a tenu une réunion publique à laquelle a assisté le maire le maire de Grand-Laviers, Christophe Mennesson, parmi une quarantaine de personnes (lire le Courrier picard du 28 novembre 2015). Lequel maire, en fin de réunion, interrogé par Thomas Porquet sur la façon de faire revenir les électeurs dans les bureaux de vote, a lâché » : « Il faudrait ne plus prendre les gens pour des imbéciles ».

Nous Citoyens, petit parti dont les candidats se revendiquent de la société civile, veut en effet s’adresser aux abstentionnistes, proposer une « alternative crédible à Marine Le Pen » et en appelle à un « sursaut civique ». Le programme est 100 % réalisable, disent les candidats. Sylvain Blondel l’a détaillé, jeudi soir. Priorité numéro 1  : l’emploi. « C’est le secteur privé qui va créer des emplois », a martelé le jeune chef d’entreprise – qui a temporairement mis en parenthèses son projet de société de service aux particuliers pour la campagne électorale. Il préconise de pas rater « la troisième révolution industrielle », c’est-à-dire « tout ce qui est innovant, comme la biométhanisation, la gestion des déchets. » « C’est là qu’on ira chercher des emplois », a-t-il insisté. Selon lui, le conseil régional devra faciliter la dynamique économique.

Deuxième priorité, l’apprentissage, « la solution pour l’emploi des jeunes ». « L’Éducation nationale dévalorise les métiers manuels, c’est une erreur. Il faudra mettre en place des grandes écoles des métiers manuels », préconise Nous Citoyens. Pour l’aménagement du territoire, « Lille est une locomotive mais il y a des territoires à ne pas oublier. À Lille, sur un kilomètre carré, vous avez 10 000 emplois publics. Donc ça bouchonne partout à 16 heures. Il faudra décentraliser les personnels de la Région, et même des départements. Aujourd’hui, on peut travailler par Internet, par téléphone », lance Sylvain Blondel. « C’est aller jusqu’au bout de la décentralisation. Si un employé de la région travaille à Abbeville, il gagne en qualité de la vie, ne serait-ce que pour le prix des loyers ou la taxe foncière. Et les territoires y gagneront, puisqu’un emploi public induit deux à trois emplois privés ». « Après, il faut que ça prenne auprès des agents territoriaux », concède la tête de liste régionale de Nous Citoyens.

Concernant les impôts, Sylvain Blondel dit « halte » aux augmentations. « La Région n’a pas de compétence fiscale mais elle vit des dotations de l’État, donc à la fin c’est nous qui payons. Chaque euro dépensé doit être un euro utile, et les politiques doivent montrer l’exemple », assène Sylvain Blondel. D’ailleurs, Nous Citoyens entend que ses futurs élus soient irréprochables : pas de cumul des mandats, limitation du nombre de mandats successifs, comptes rendus des activités et des décisions devant les citoyens, etc. « On sera jugé sur notre bilan, en toute transparence », assure Sylvain Blondel.

« Nous, on parle d’intérêt général », tacle Sébastien Véron. « Des gros mots pour les carriéristes politiques ».