Nicolas Doucerain : « Mettre beaucoup plus de société civile au cœur <br />du débat »Entretien avec cet entrepreneur quadragénaire, auteur du livre « Ma petite entreprise a connu la crise » (Bourin).

En 2013, l’entrepreneur Denis Payre fondait Nous Citoyens en partant du constat que les hommes et les femmes politiques, du fait de leur professionnalisation ne sont plus en situation de réformer le pays. Vous êtes son successeur. Le constat n’a pas changé ?

« Le mouvement Nous Citoyens a été créé dans le but de réconcilier les citoyens avec la manière de faire de la politique. Plus le citoyen est proche de l’élu, plus la participation est élevée, ce qui est vrai pour les élections municipales. À l’inverse, plus le citoyen est éloigné, plus l’abstention est forte et on se retrouve déconnecté. Ce qui se vérifie avec les députés. Réconcilier les Français avec leurs élus, c’est mettre beaucoup plus de société civile au cœur du débat et faire émerger de nouveaux élus issus de la société civile. »

Il y aura une primaire à droite. Y en aura-t-il une à gauche ? Cela reste à savoir. Comment comptez-vous peser sur le débat de la présidentielle ?

« Notre parole est déjà prise en compte. C’est Nous Citoyens qui a mis sur le devant de la scène politique toutes les grandes réformes nécessaires pour notre pays. On se félicite aujourd’hui d’une première étape. Les candidats engagés, essentiellement à droite car à gauche la situation n’est pas tout à fait claire, ont un niveau de débat beaucoup plus élevé qu’en 2012. »

Plusieurs candidats à la primaire de la droite sont prêts à reprendre vos propositions ?

« Oui. Il s’agit d’abord de restaurer la confiance entre les citoyens et les élus. Pour ce faire, il faut 200 députés et 200 sénateurs de moins pour que ces assemblées soient à leur juste niveau. On demande qu’un candidat fonctionnaire qui remporte une élection législative démissionne de la fonction publique pour mettre de l’équité par rapport aux candidats issus du secteur privé. Et nous voulons que les élus ne puissent exercer plus de deux mandats consécutifs. Ce sont des engagements essentiels pour restaurer la confiance et faire en sorte qu’en 2017, on ait un débat noble autour des réformes indispensables pour notre pays. »

Présenterez-vous un candidat à la présidentielle ? Allez-vous soutenir un(e) candidat(e) ?

« Nous Citoyens ne veut pas ajouter de la confusion à la confusion. Nous assistons aujourd’hui à un débat stérile avec un nombre incalculable de candidats à gauche, à droite, au centre… tout en sachant qu’un certain nombre de candidats potentiels ne se sont pas encore déclarés. Notre mouvement n’apportera aucun soutien à un candidat ou une candidate issu des partis traditionnels. Nous Citoyens n’est pas un énième parti politique qui va diviser. En revanche, on ne s’interdit pas de soutenir un candidat issu de la société civile. Entre septembre et novembre 2016, nos adhérents feront leur choix par un vote. »

Y aura-t-il des candidat(e)s Nous Citoyens aux législatives ?

« C’est une nécessité absolue. Notre mouvement a pour objet de réconcilier les citoyens et la politique. Pour cela, il y a deux élections incontournables. D’abord les législatives où nous comptons présenter entre 120 et 140 candidats. Nous travaillons dans ce sens avec d’autres mouvements citoyens. Et il y a par ailleurs les municipales, car la force de notre mouvement citoyen vient de son ancrage territorial. »

Quelle est votre analyse du blocage autour de la loi Travail ?

« Le président et le premier ministre sont terriblement affaiblis après quatre ans de pouvoir. Ensuite, on sait tous que le vrai fléau, c’est le chômage. En neuf ans, avec Nicolas Sarkozy puis François Hollande, on a dénombré 1,7 million de chômeurs de plus. Un million d’emplois ont été détruits dans l’industrie et 65 000 entreprises françaises font faillite chaque année depuis la crise de 2008. La loi El Khomri n’y répond pas. »

Que proposez-vous ?

« Un grand acte de simplification. Il faut réunir les conditions nécessaires pour permettre aux entrepreneurs de créer de la richesse et de l’emploi, mais on ne fait pas cela à moins d’un an de la présidentielle sachant que cette loi ne créera pas de l’emploi. Le sujet crucial de la lutte contre le chômage devra être traité immédiatement après l’élection du futur président de la République avec une méthode et des réformes autrement plus audacieuses que ce qu’on connaît aujourd’hui. »

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