Hauts Parleurs, parce qu’il faut renouveler d’urgence le discours politique, parce que nous avons un avis sur la nécessaire transformation de notre société, parce que les citoyens doivent retrouver leur place dans le débat public. Hauts Parleurs donnera le plus régulièrement possible la parole à des citoyens et à des adhérents pour que le débat avance enfin en France. Bonne lecture à tous.

Chacun pourra le constater, le ton monte, inexorablement…  La violence est patente, effrayante aussi, même les français d’origine hongroise sont de nouveaux prêts à partir en croisade, et nos amis américains se sont choisis un chef, un vrai … Cette future présidentielle française, rend chacun un peu plus hystérique, pour Mme Morano c’est assez compréhensible, mais même votre oncle Jean a décidé de passer à table dimanche et de lâcher sa petite bombe politique familiale en disant que lui aussi il voterait peut être FN en 2017.

Dans les media, les journalistes se sont transformés en montreur d’ours et les politiques en gladiateurs de sous préfecture.

Dans les medias, les journalistes se sont transformés en montreur d’ours et les politiques en gladiateurs de sous préfecture. Les amis de 30 ans se trouvent des poux dans la tête, les Le Pen se tapent dessus en famille pour des questions de catholicisme et Fillon trouve Juppé mou, et inversement, un comble de violence verbale pour ces deux là.

Tout va mal donc, et la guerre civile semble autorisée pour les 6 prochains mois. Lire les commentaires sur les réseaux sociaux devient une torture intellectuelle. Un régime de terreur, s’installe peu à peu… Le sang doit couler, le peuple éructer, une génération spontanée de Robespierre en chocolat surgit – Mélenchon est probablement le meilleur dans ce registre mais il a des disciples, les feuilles de choux s’appelle BFM TV, la place publique est prise d’assaut, et des orateurs fébriles tentent leur chance et haranguent les foules au péril de leur carrière – Cécile Dufflot vient d’en faire l’amer expérience. Les pics ne sont jamais loin des têtes, et il faudra bien que quelques-uns y passent.

Les thèmes sont les mêmes qu’en 1789, liberté, égalité, fraternité, mais aussi « la France » , « la République » , « les traîtres » , « l’ennemi intérieur » , et j’en passe.

Les utopies politiques sont des têtes de gondoles abîmées par le siècle, mais on s’étripe encore pour elles. Les thèmes sont les mêmes qu’en 1789, liberté, égalité, fraternité, mais aussi «  la France » , «  la République » , «  les traîtres » , «  l’ennemi intérieur » , et j’en passe. Les solutions n’intéressent personnes et on s’affronte à grands coups de petites phrases, pour tenter de survivre dans la logorrhée médiatique. Morts il y aura, vainqueurs aussi mais nettement moins, et le peuple sait déjà qu’il sera le dindon de cette farce, comme aux Etats Unis.

Le règne de l’utopie est totale, on se vautre dedans, sous prétexte qu’on est français. Sauf que l’utopie politique est morte, et de cela belle lurette, le Gaullisme a passé l’arme à gauche dans les années 90 dans le meilleur des cas, le socialisme est enterré à Solutré depuis un bon moment et la sociale démocratie européenne – dont le journal Le Monde vient d’écrire la nécrologie – est morte avec Rocard. Inutile que je vous fasse un dessin pour le communisme, et pour l’écologisme (le mot n’existe même pas), on peut dire qu’il a raté le coche des utopies politiques patentées. Bref les utopies justifient encore la terreur alors même que la terreur est un concept qui a plus de 200 ans et que les utopies n’existent plus. Mais le système se nourrissant du système, chacun continue à faire comme si de rien était, et on rejoue la révolution française en costume tous les 5 ans, en étant de droite, de gauche, ou pire…

Cette mascarade des utopies, sans cesse rejouée, peut finir tragiquement, et nous en serons comptable pour les générations futures.

Dans ce jeu pervers, passéiste et franchouillard, de l’élection présidentielle, il y a un double risque. Tout d’abord le risque de la fuite en avant et de la terreur réelle, de l’accession au pouvoir, comme en Hongrie, d’un parti qui ne représente que les peurs, les frustrations et la haine d’un peuple en difficulté. L’autre risque c’est celui de la guerre – un concept pas si vieux et pas si éloigné; à force d’affaiblir un pouvoir et un état nation, on libère des forces et des faiblesses propices à l’entrée en guerre. Les raisons n’auront que peu d’importance, mais pour refaire société la guerre est une méthode avérée et efficace. Quant à l’immobilisme, ce n’est même plus un risque, nous le subissons depuis 30 ans…

Cette mascarade des utopies, sans cesse rejouée, peut finir tragiquement, et nous en serons comptable pour les générations futures.

Certains, aujourd’hui, portent mieux que d’autres cette modernité et ce nouveau monde.

Si la fin des utopies est un sujet, et une nouveauté de 15 ans, ce n’est certainement pas une réalité indépassable. Il y a très probablement des modèles à inventer, mais pour cela il faut enfin admettre que l’ancien monde est derrière nous, et qu’il nous faut en créer un nouveau, où le consensus intelligent et le pragmatisme suffiront à faire société; car les hommes ont des valeurs, et que les valeurs ne se transforment pas nécessairement en utopies destructrices ; que les utopies défuntes ne nous sauveront pas non plus. Certains, aujourd’hui, portent mieux que d’autres cette modernité et ce nouveau monde.

Michel, Nous Citoyens