Hauts Parleurs, parce qu’il faut renouveler d’urgence le discours politique, parce que nous avons un avis sur la nécessaire transformation de notre société, parce que les citoyens doivent retrouver leur place dans le débat public. Hauts Parleurs donnera le plus régulièrement possible la parole à des citoyens et à des adhérents pour que le débat avance enfin en France. Bonne lecture à tous.

On me demande souvent mon point de vue, et celui de notre parti, Nous Citoyens, sur la situation actuelle du pays, sur la crise des migrants par exemple; quelle est notre pensée positive face à l’effondrement de l’idée européenne; quelles mesures proposons nous pour faire régresser le chômage; que ferions nous une fois élus et au pouvoir pour limiter la casse à Alstom; quelle est notre position vis à vis du turbulent voisin russe et de la situation effroyable en Syrie; que faire aussi pour reconstruire notre système éducatif en perdition? Bref tout un tas de questions légitimes et ardues qui sont pourtant débattues et rebattues à longueur de temps dans l’espace médiatique sans que nous avancions positivement sur aucun de ces sujets en France depuis bientôt 40 ans.

Et toujours je fais cette réponse aussi passionnée qu’irritante à mes interlocuteurs : le problème est ailleurs, et la solution à ce problème est relativement pleine de bon sens.

Ce dont nous manquons c’est de bilan et de décision; une décision politique ferme, collégiale, droite et mesurée.

Le problème fondamental, le père de tous les problèmes en quelque sorte, réside dans notre incapacité politique à décider collectivement, à tracer une voie qui soit à la fois commune, raisonnée, raisonnable et long termiste. Discuter et décider d’une stratégie, s’y tenir, en mesurer les résultats objectifs et l’ajuster. Assurément la France ne manque pas de penseurs, pas plus qu’elle ne manque d’entrepreneurs, ni de points de vue, et encore moins d’idées innovantes. Ce dont nous manquons c’est de bilan et de décision; une décision politique ferme, collégiale, droite et mesurée, qui ne serait pas prise entre le marteau des échéances électorales et l’enclume des petits intérêts particuliers.

Si l’on scrute l’actualité récente, elle en est pleine de cette indécision collective, et ces exemples déconstruisent le mythe de la complexité idéologique. Le problème est simple, la solution aussi.

L’Europe par exemple; sauriez-vous identifier la stratégie diplomatique française depuis 20 ans, une stratégie un tant soit peu stable en accord avec ses intérêts propres et ceux du nécessaire développement de l’Europe politique? Non évidemment vous trouveriez l’exercice difficile; nos politiques passent leur temps à taper sur l’idée européenne et ses instances, nos présidents se servent de l’Europe pour se grandir, un jour pro russe, un jour pro européen (rarement), un jour pro otan, toujours anti technocrate (forcément). Pourtant tous se présentent aux élections européennes.On ne décide pas, on ne réfléchit pas plus à l’avenir de nos enfants, on glause, et on défend ses petits intérêts particuliers de député, sa région, ses électeurs, son pré carré et sa retraite. Manque t on de vision européenne, certainement pas, les bibliothèques sont remplis de traités brillants sur le sujet, manque t on d’intelligents polyglottes, non plus; la plupart de nos enfants voyagent et étudient en Europe, ce qui est un facteur fort de cohésion. Mais voilà l’intelligence collective n’est rien sans le courage politique. Et de courage nous n’en avons plus, il est confisqué par des arrivistes et des pleutres.

Prenons Alstom, autre cas édifiant et récent de l’indécision collective. Un Etat actionnaire qui n’aurait pas eu accès à l’info réservée aux actionnaires (rires). Un Etat client via la SNCF, qui n’aurait pas su que son fournisseur majeur de train avait un « trou »  de carnet de commandes de deux ans qui mettait en péril son organisation industrielle (rires). Un indécision coupable depuis plusieurs années sur la restructuration de la dette et de l’entreprise SNCF (on ne rigole plus là, cela concerne 30 000 français). Et voilà que les problèmes économiques chez Asltom se profilent dans un cadre pré électoral. Diantre, l’alerte gouvernementale générale est donnée, il faut faire quelque chose pour ces pauvres gens – les 50 000 nouveaux chômeurs du mois de septembre pourront attendre eux – , la décision est prise en mode pompier, l’Etat va acheter des trains pour sauver 300 emplois, François Hollande en chef de gare, le sifflet au bec est à la manoeuvre. Ouf. Et ces trains vont rouler dix ans sur des voies non-tgv avec un surcoût d’exploitation de 30% chaque année, alors même qu’ils coûtent déjà deux fois plus cher que les trains normaux à l’achat. Manquerait-on en France de dirigeants d’entreprise capables de construire une stratégie ferroviaire française? Probablement pas. Manquerait-on également de banquiers pour inventer un avenir financier à la SNCF, non plus. Manque t on de savoir faire industriel ferroviaire, pas le moins du monde, nous avons encore un train d’avance sur les questions technologiques. Pourquoi en est on là alors, me direz vous? L’indécision politique je vous le dis, c’est notre mal et il anesthésie tous les autres débats.

Ces deux exemples sont emblématiques du programme de NC, il ne s’agit nullement de débat d’idées sur l’Europe ou sur la politique industrielle française, ce que l’on veut nous faire croire pour justifier l’attentisme général de nos élites, il s’agit de décision non prise, de stratégie inexistante, de renoncements politiciens à la petite semaine. Que dit on d’un charpentier qui après avoir dessiné sa charpente trouve tous les moyens pour ne jamais l’exécuter et la monter, qu’il est incapable, qu’il ne délivre pas, qu’il n’a pas tenu son contrat… Et que dit on de nos politiques? Je vous le demande.

Chez Nous Citoyens nous plaidons pour une réforme politique majeure, celle qui permettra de dépasser les intérêts électoraux et personnels de nos élites.

Chez Nous Citoyens nous plaidons pour une réforme politique majeure, celle qui permettra de dépasser les intérêts électoraux et personnels de nos élites, celles qui permettra qu’à nouveau la décision collective soit prise avec fermeté et fierté, celle qui intégrera un plus grand nombre de citoyens venus d’horizons divers dans cette décision, celle qui renouvelera constamment notre classe dirigeante, celle aussi qui redonnera du bonheur aux gens qui prennent des décisions. Et la méthode est plutôt frappée au coin du bon sens, ces idées ne sont ni nouvelles ni révolutionnaires, le non cumul des mandats, le mandat politique limité à 10 ans maximum, le chômage politique, la diminution drastique du nombre d’élus, sont quelques une des grandes mesures de cette réforme politique. Une révolution copernicienne, dont on parle depuis 20 ans, et qui attend sous des piles de dossiers.

Soyons courageux, et regardons la réalité en face, nous sommes un grand pays, un grand peuple, qui ne prend plus de décisions.

Soyons courageux, et regardons la réalité en face, nous sommes un grand pays, un grand peuple, qui ne prend plus de décisions. C’est à la fois notre grand problème et notre immense avenir. A nous de choisir de quel côté l’on se place.

La réforme est notre utopie, et chez Nous Citoyens, nous y croyons pour nous, pour nos enfants et pour notre planète.

Charles, Nous Citoyens