Proposition 3 – Développer un système de vigilance et d’alerte 3.0

La réaction de l’écosystème Internet a été immédiate le soir du 13 novembre, notamment grâce à Facebook et Twitter, et un réseau d’information et de solidarité s’est mis en place  en quelques heures seulement.

La nouvelle technologie permet d’aller beaucoup plus loin pour contribuer à la lutte anti-terroriste, grâce à des applications fonctionnant sur le principe de la collecte d’information en crowdsourcing, comme Waze. Au moins deux applications doivent être développées et mises en œuvre rapidement.

La première doit être consacrée à la prévention. Elle permet de signaler les comportements ou situations suspectes. Elle peut également permettre de signaler des discours incitations au terrorisme et à la haine raciale, voire de les enregistrer. Ces signalements doivent être ensuite analysés et triés, puis faire l’objet d’actions spécifiques si leur validité est confirmée. A titre de comparaison, l’application « voisins vigilants », d’une approche similaire, a permis de réduire de 40% les cambriolages. Pour éviter la propagation de rumeurs et les fausses accusations, les signalements doivent pouvoir être traçables.

La seconde application doit permettre de signaler en temps réel les attentats. Installée sur des smartphones, elle détecte les bruits de détonation ; elle permet également de signaler manuellement des incidents ou une zone de danger. Cette information est transmise instantanément à un centre de crise, puis filtrée et qualifiée avec l’aide de moyens logiciels, enfin confirmée en quelques secondes. Elle déclenche alors une alerte sur les smartphones des personnes à proximité du lieu de l’attaque, avec un niveau d’alerte différencié en fonction de la distance au lieu de l’attaque. Elle fournit aussi des conseils de comportement (ne pas bouger, se mettre à l’abri, barricader les accès, s’éloigner des fenêtres par exemple). Les forces de l’ordre sont également averties en temps réel, en disposant d’informations précieuses sur la position des terroristes, leur déplacement, voire leur armement. Les forces d’intervention médicales sont également averties.

Une telle application aurait certainement permis de réduire très largement le nombre des victimes le 13 novembre, en permettant l’alerte immédiate des forces de l’ordre et la mise en sécurité des lieux dans les environs des premiers attentats.

L’usage de cette application pourrait être élargi pour d’autres troubles à l’ordre public, par exemple les alertes enlèvements.

Les pouvoirs publics devraient encourager au développement de telles applications, si nécessaire en le finançant par des fonds publics, ou en faisant appel à la communauté de la tech française, qui a déjà fait des propositions en ce sens.

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