Proposition 5 – S’appuyer sur la Réserve pour retisser le lien national

Dans un contexte où les forces de l’ordre et l’armée sont extrêmement sollicitées et multiplient les heures passées sur le terrain, la Réserve peut fournir un relais de personnes efficaces,  bien formées et déployables dans le cadre de missions adaptées.

Elles peuvent par exemple contribuer à identifier et encadrer des jeunes de toutes origines en manques de repères, qui sont les cibles prioritaires de recrutement des terroristes. Certains sont des délinquants, et sont parfois « retournés » au sein même de la prison, un environnement trop souvent criminogène. D’autres ont un casier judiciaire vierge et manquent simplement d’un objectif structurant ou d’un emploi.

Si la solution à long terme est de refondre en profondeur la politique de l’emploi et de l’intégration, il faut fournir à court terme des solutions à ces jeunes en rupture avec le système.

Plusieurs expériences s’appuyant sur l’Armée ont été mises en place par le passé, certains le sont toujours. Elles fournissent un environnement structurant à des jeunes qui en ont besoin, les forment aux comportements sociaux élémentaires,  leur apprennent un métier, leur permettent de passer le permis de conduire ou les font contribuer à des travaux d’intérêt général.

Citons notamment :

  • Les centres de « Jeunes en équipes », se substituant à des peines de prisons pour des petits délinquants. Deux ans après la fin du stage, le taux de récidive était de 25% (contre 46% pour ceux qui sortaient du milieu carcéral, pour un coût journalier de 36 € contre 90 à 200 € selon le type d’incarcération.
  • Les EPIDe (Etablissements publics d’insertion de la Défense), permettant de réinsérer et de former des jeunes éloignés de l’emploi (18 centres, 3000 personnes)
  • Le Service Militaire Volontaire, ouvert à tous et lancé en 2015

En s’appuyant essentiellement sur des réservistes afin d’éviter de consommer des ressources militaires plus utiles sur les théâtres d’opérations, ces initiatives doivent monter en puissance pour permettre d’intégrer de plus en plus de personnes en voie de marginalisation, et les réintégrer dans la communauté nationale dès les premiers signaux d’éloignement. Le coût global peut en être maîtrisé, notamment en déployant ces jeunes sur des chantiers d’utilité publique, en se substituant ainsi à des dépenses publiques inévitables.

Certains de ces jeunes peuvent également devenir des recrues militaires potentielles, dans un contexte où l’Armée doit être renforcée mais manque cruellement de vocations.

La Réserve peut être déployée sur d’autres missions, telles que la surveillance ou l’administration, en substitution ou complément avec des forces militaires ou de police.

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