Démocratie

PHILIPPE BONIN
PHILIPPE BONIN

le 13/12/2018 à 11:40 Citer ce message

Je me permets de vous transmettre un article paru cette semaine dans L'Opinion, que j'ai fait suivre avec un court commentaire à mes amis. Pour votre information et réflexion.

Article très intéressant publié hier dans L'opinion, sous la plume d'Olivier Babeau. Ayant passé pas mal d'années dans des régimes à poigne pas vraiment démocratiques - Chine, Singapour - mais qui fonctionnent, hors corruption peut-être, je commençais à me poser les mêmes questions, avec plus de force encore ces dernières semaines ! L'article parle de l'analphabétisme numérique de nos élus. J'y rajouterai, peut-être encore et surtout, l'incroyable analphabétisme économique des français, les plus braillards en particulier ces jours-ci - là aussi, nous devons être les champions du monde...
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[i]La fragilisation des démocraties est le phénomène le plus frappant de ces trente dernières années. On avait pu penser dans les années 1990 que l’effondrement du bloc de l’est consacrait la victoire des systèmes fondés sur les droits individuels et la représentation. On se rend compte qu’à l’ère numérique, les forces des démocraties sont devenues de terribles faiblesses. Les trois piliers d’un Etat fort sont profondément ébranlés : maîtrise des récits partagés, capacité à agir économiquement et légitimité du pouvoir.
Les démocraties avaient fondé leur cohésion sur la libération de la parole, donnant à chacun un sentiment de liberté qui maximisait l’adhésion au système. En permettant une circulation de l’information qui échappe aux médias traditionnels, qui en filtraient les excès et déviances, les réseaux sociaux ont fait exploser la machine traditionnelle de fabrication du consensus. La surabondance d’information brouille les évidences et fait par contraste ressortir les options les plus extrêmes (avec la complicité, désormais, de médias qui ont besoin d’audience et organisent la polarisation).
La chute des barrières à l’entrée sur le marché des idées a balkanisé les représentations, cristallisant une hyper-segmentation sociale entre communautés qui ne peuvent plus se parler. Les régimes autoritaires imposent eux une vision partagée grâce à la maîtrise des communications.
Second ébranlement majeur : notre régime ne peut plus cacher qu’il a perdu la maîtrise des évènements. L’environnement technologiquement plus complexe et incroyablement dynamique met en échec nos systèmes de pilotage hérités du siècle précédent. L’Etat se borne à feindre d’être l’organisateur de phénomènes qui lui échappent absolument. La loi Pacte, qui n’a rien d’une révolution, aura mis au moins dix-neuf mois à être votée.
Le rythme de la décision est tragiquement en décalage face à des mutations ultra-rapides. Ajouté à l’incroyable analphabétisme numérique de nos élus, ce décalage est fatal à la pertinence du travail du Parlement
La Chine est capable elle de prendre en quelques jours des décisions comme le calendrier de disparition des motorisations thermiques, et de s’y tenir. Le rythme de la décision démocratique, bien adapté à un monde qui évolue très lentement, est tragiquement en décalage face à des mutations ultra-rapides. Ajouté à l’incroyable analphabétisme numérique de nos élus (5 % seulement en ont une connaissance approfondie), ce décalage est fatal à la pertinence du travail du Parlement, qui compense son incapacité à saisir le monde actuel par l’édiction de mesures aussi symboliques qu’inutiles telles que l’interdiction de la fessée.
Censure privatisée. En pratique, les leviers de commande sont de plus en plus transférés aux acteurs privés qui maîtrisent le numérique. Comme l’a remarqué Laurent Alexandre, nos institutions ont délégué dans les faits la gestion de la censure sur internet. Mark Zuckerberg (Facebook) contrôle désormais potentiellement le débat démocratique français.
Le mode de représentation est le troisième pilier profondément ébranlé de la démocratie. Le désir de participation continue aux décisions publiques se heurte à un système où le passage dans l’isoloir tous les cinq ou six ans reste le seul mode réel de consultation. On ne fait plus confiance à des élus perçus comme éloignés, peu compétents et désignés par d’absurdes scrutins à plusieurs tours aux considérables effets pervers. En face : des autocrates incontestés pouvant développer leur stratégie dans le temps long que garantit l’absence de mandat limité.
L’infériorité du modèle démocratique à l’ère d’internet est flagrante. Pour survivre, il faut que les démocraties changent leurs technologies, qu’elles réinventent leur fonctionnement. A un siècle nouveau doit correspondre de nouvelles modalités de participation à la décision, des façons plus intelligentes de désigner des représentants, et une attention extrême portée à la formation critique des populations.
Clément Jaquemet
Clément Jaquemet

le 18/12/2018 à 14:26 Citer ce message

Bonjour,

Pour répondre à vos questions et proposer une solution concrète à ces difficultés, je vous invite à lire et partager les articles
"Projet apolitique pour sortir de la crise #GiletJaune et réconcilier élus et citoyens" sous
https://www.linkedin.com/pulse/projet-apolitique-pour-sortir-de-la-crise-giletjaune-et-jaquemet/
et
"A l’heure de la concertation démocratique pour l’avenir de la France, ne confondons pas objectifs et moyens ! " sous
https://www.linkedin.com/pulse/lheure-de-la-concertation-d%C3%A9mocratique-pour-lavenir-france-jaquemet/

Et pour communiquer sous forme d'un "pitch" et permettre de mieux percevoir ce qu'apporterait ce projet, voici une vidéo courte en attendant mieux. Le lien est "L'Assemblée Nationale du 21ème siècle !" sur YouTube https://youtu.be/I68VAQSI3g0

Bien démocratiquement !
PHILIPPE BONIN
PHILIPPE BONIN

le 18/12/2018 à 17:24 Citer ce message

Merci, je vais lire tout cela à tête reposée. Bonnes fêtes !
Castor485
Castor485

le 11/02/2019 à 14:42 Citer ce message

Cette Démocratie n'est pas représentative et ce n'est pas la proportionnelle telle qu'elle nous est proposée qui la modifiera. Voila ce que je propose ( criticable bien sur):
Dissolution de l’Assemblée nationale, mais avant décider :
1)Un nombre de députés réduit à 301. Pour les sénateurs qui ne sont pas élus directement par le peuple, nous verrons plus tard.
2) La proportionnelle intégrale avec un avantage à la liste arrivée première soit 50% des élus + 4 soit 155 élus.
3) Chaque parti devra assurer la PARITE :

D’hommes et de femmes bien sur, mais " en même temps ", une présence de TOUTES les composantes sociales par rapport à ce qu’elles représentent en pourcentage de la population.
Donc des ouvriers/ salariés, des artisans/ commerçants, des cadres/ professions libérales, des agriculteurs, fonctionnaires etc…
Et pour ce faire chaque parti devra, avant l’élection, recevoir et retenir des candidatures de personnes volontaires répondant à ces critères.
Les électeurs ne voteront donc pas pour des personnes mais pour un programme et donc suite à l’élection, chaque parti tirera au sort, dans chaque catégorie les personnes "élues".
Chaque parti pourra sélectionner parmi ses cadres 10 à 15 % des députés auxquels il a droit en respectant les pourcentages hommes, femmes et les composantes sociales.

Le pourcentage minimum de votes pour obtenir des élus est à négocier, ( 10% ? ).

4) Les élus n’auront droit qu’à UN seul mandat puisque , je le rappelle, les électeurs choisiront un programme et non pas une personne.

5) Les députés devront obligatoirement voter POUR ou CONTRE une proposition de loi car si on les a élus , c’est pour choisir et non pas pour s’abstenir.

Bien cordialement.
Jean Marie
archi64
archi64

le 12/02/2019 à 19:21 Citer ce message

Voter pour un programme aux elections plutot que pour un elu est interessnt d'autant qu'aujourd'hui ,il y a un probleme de melange de la fonction du depute .
dans une reponse faite à la lettre de MACRON , j'ecrivais :
[i]Il faut en finir avec la representativite locale des deputes; peu de français savent que le depute est elu par circonscriptions locales ,mais pour un mandat à raison nationale: son travail est national et non la defense de sa circonscription ; la pression de ses electeurs va parasiter sa mission nationale ; il faut trouver conserver l'election par circonscription pour preserver une heterogeneite de la representation nationale ,mais il faut interdire aux deputes de se meler des affaires locales

votre proposition aurait ainsi l'avantage de voter pour un programme et de resoudre ce probleme de representativite locale,celle ci etant reservée au senat.
Castor485
Castor485

le 13/02/2019 à 09:48 Citer ce message

Bonjour,
Effectivement, je suis d'accord avec vous, il ne faut pas supprimer le Sénat, mais le dégraisser et surtout le consacrer à la représentation locale ( Département, Région ??).
JEAN-MICHEL PRUM
JEAN-MICHEL PRUM

le 30/04/2019 à 00:23 Citer ce message

Pour être élu, tout candidat doit recueillir, au moins sous son nom, 50 % des voix + 1 des votants ( tout vote exprimé confondu : blanc,nul , etc ); et ce, pour toutes les élections.

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